Rainbow

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Rainbow

Message par Mawaru le Lun 19 Oct - 20:05



Titre Original:Rainbow - Nisha Rokubô no Shichinin
Titre Alternatif:Rainbow
Auteur:Abe George
Dessinateur:Masasumi Kakizaki
Prépublication:Big Comic Spirits puis Young Sunday.
Genre:Historique, Tranche-de-vie, Drame.
Année de sortie:2003 (manga), 2010 (animé)
Nombre de tome:22
Nombre d'épisode: 26
Studio: Madhouse


Synopsis:Dans le Japon d'après-guerre, sept adolescents abandonnés de tous, poussés à la délinquance par la misère et la rage, sont enfermés ensemble dans une cellule de la maison de correction de Shio, réputée pour être un modèle de réinsertion. Mais ils découvrent bien vite que c'est en réalité dans un enfer de violence et d'humiliation qu'ils ont été jetés par les institutions naissantes de ce pays en ruines. Pour survivre aux épreuves insurmontables qu'ils rencontrent, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, et garder l'espoir qu'un jour, un arc-en-ciel viendra percer le ciel noir…


Si le contexte de la seconde guerre mondial est retrouvable dans plusieurs animés comme notamment pour les films Le Tombeau des Luciole ou encore Gen D'Hiroshima, il est plus rare d'entendre parler de l'Occupation du Japon. Sur mon expérience de visionnage et de lecture, seules deux oeuvres l'ont traitées. La première étant L'île de Giovanni avec l'Occupation Russe et la seconde faisant l'objet de cette critique: Rainbow traitant de l'Occupation Américaine et plus généralement de l'après-guerre. Et là où Rainbow se démarque par rapport à ses compères, c'est sur son auteur qui a lui-même vécu à cette période et surtout a été dans une maison de correction, thème au centre de l'histoire, ce qui sera un point assez important pour le scénario.

Scénario qui met en scène une rencontre entre plusieurs jeunes dans deviner quoi... Une maison de correction dans le contexte de l'après-guerre et tout ce que ça entraîne. De là, l'oeuvre bien que fictive dégage une certaine authenticité, un charme, on sent qu'il y a du vécu derrière l'oeuvre. Et sur ce point, l'oeuvre gagne une très grosse qualité qui est celle de donner de l'intérêt ainsi que ce "petit truc en plus" qui fait qu'elle se démarque de bien d'autres oeuvres. A la lecture de Rainbow on se retrouve naturellement happés, les pages défilent les unes les autres sans qu'on s'en rende compte, on finit tout simplement par dévorer l'oeuvre.

Et là où l'intérêt joue le plus c'est bien sur le côté drame de l'oeuvre. Car Rainbow est un manga constitué principalement de drames. Et autant le dire de suite, pour ce genre il est l'une de mes grosses références absolues avec Ashita no Joe et Real. Le drame de Rainbow s'articule principalement autour des personnages principaux qui dans un contexte plus que compliqué cherche une seule chose: Le bonheur. Bonheur symbolisé par une amitié liant les personnage et surtout leur rêve. Ainsi peu à peu, l'oeuvre va mettre en scène la concrétisation de leurs rêves qui se fera pas sans souci. La qualité d'écriture du manga est exceptionnel, les histoires sont écrites intelligemment, avec finesse. Elles sont prenantes, entraînantes et visent toujours dans le juste. Les péripéties bien que par moment quelque peu exagérées savent rester crédibles notamment grâce au contexte, et les histoires sont variées. Ca peut être autant être sur le procès d'un viol ou bien sur un combat de boxe, ouais, vous avez bien lu. Avec un rien, le scénariste réussit à donner un côté dramatique quasi-naturel tant le propos de l'oeuvre et son authenticité se transmet facilement et touchera facilement à la lecture.  

Les péripéties n'arrivent jamais gratuitement et pourront faire écho à plusieurs moments passés symbolisés par un personnage en particulier. Et le tour de force majeur du drame est qu'il nous touche à travers sa simplicité et la sensibilité qu'il insuffle naturellement. Sans tomber dans la bête exagération ni dans le pathos ridicule et forcé, il transmet habilement les émotions avec une facilité déconcertante. Et servira du drame haute gamme sur lequel le fond a été minutieusement construit peu à peu, faisant son chemin. Bien évidemment certaines histoires contées seront plus naturellement tristes, mais globalement, l'émotion est sans cesse là. Le récit est ici adulte, assurément et teinté d'une certaine noirceur. Il est violent. Pas violent physiquement mais bien psychologiquement à travers certaines scènes chocs. Pourtant la lecture est loin d'être insupportable, anxiogène. Au contraire, elle est des plus agréables, et à travers cette violence psychologique le drame s'immisce tout seul avec efficacité.

Et au-delà d'être un "simple" drame dans lequel on fait vivre aux personnages un enfer comme dans un Gunnm ou encore Ashita No Joe, l'oeuvre est aussi une oeuvre des plus optimistes. Elle traite avec efficacité de l'amitié. Si votre standard concernant celle-ci tourne autour de tout ce qui nekketsu, oubliez ça de suite. Car ici, c'est fait avec finesse, intelligence, c'est crédible et loin de sentir la niaiserie que certaines oeuvres sont dotées à cause de celle-ci. A partir de là, je pourrai faire un lâché de titres, mais je pense que vous avez tous en tête quelques titres ultra-populaires. Ici l'amitié n'est pas une fin soi pour justifier une quelconque scène mais bien un outil savamment et habilement utilisé. C'est simple, sur mon expérience personnelle, sur tous les récits usant de l'amitié, Rainbow est l'oeuvre qui en a fait le meilleur usage. L'amitié est utilisée pour faire avancer le récit, pour le faire évoluer. Un outil utilisé pour raconter quelque chose. Quelque chose de vrai qui sent l'authenticité et la maîtrise. Ca ne tombe pas dans le simple travers de la gaminerie et de la niaiserie idéaliste. L'amitié sonne ici vraie et adulte. Elle est certes quelque peu idéalisée mais ne devient jamais idéaliste.

Et là où l'oeuvre sent l'optimisme, c'est bien évidemment sur la réalisation des rêves des personnages, thème qui sera au coeur du récit. Et pour réaliser ces rêves, les personnages en chient tellement qu'au moment où ça se réalise on est vraiment touchés. Pour ma part, j'en ai littéralement rien à faire que les personnages réalisent leur but ou non tant que ce qui m'intéresse c'est leur parcourt mais je dois avouer que si dans le cas de cette oeuvre, ils ne réalisaient pas leur but, j'aurai eu les boules, j'aurai été presque triste pour eux. Et ça c'est grâce à l'intérêt et l'authenticité influer dans l'oeuvre. Elle nous prend naturellement aux tripes, elle nous touche facilement. On a qu'une envie, que la bande réussissent. Loin d'être qu'un simple "drame", l'oeuvre sait se détacher de ce côté pour livrer un récit plus joyeux, optimiste sans pour autant oublier ce côté dramatique au coeur de la série. Car en effet le drame est naturellement présent à travers les personnages, leur situation, le contexte historique de l'histoire et grâce à ce dernier l'oeuvre réussit à esquiver habilement un côté niais à coup de facilité d'écriture. Enfin, je salue Abe George pour sa narration tout simplement excellente et la merveilleuse idée qu'il a eue de faire une sorte d'écrit comme un journal intime à la fin de chaque chapitre. En plus de donner un côté biographique voire quasi-autobiographique par moment, cela est tourné de sorte à ce qu'on s'intègre naturellement à l'histoire, comme si on était un de ses personnages.

Les personnages d'ailleurs. Une merveille d'écriture. Chaque personnage sera habilement construit, développé et écrit. Ils ont un côté plutôt réaliste et prêtent très facilement à l'attachement, point important pour un récit dramatique. Chaque personnage aura son quart-d'heure de gloire et toucheront facilement à la lecture de part leur simplicité, leur authenticité. Le lien que chacun entretient sera écrit avec habilité et finesse tout comme l'écriture des personnage. Mais le plus impressionnant par rapport à ses personnages, c'est qu'ils sont loin d'être un simple outil pour le récit, ils incarnent vraiment le récit, ils ressortent du récit. Loin d'être de simples outils, ils ont un passé, un présent et un futur qui fait qu'ils ont un côté réellement humain bien loin, de beaucoup d'oeuvres jouant sur le dramatique ou non, facilitant au passage l'attachement qu'on peut avoir vis-à-vis d'eux. Et donc notre sensibilité par rapport au drame. Seul regret au niveau des personnages, c'est le côté trop manichéen. Certes les méchants sont vraiment méchants mais un peu plus de subtilité n'aurait pas fait de mal.

Mais si il y a un point sur lequel Rainbow écrase énormément d'oeuvres, c'est bien sur sa forme. Le dessin est tout simplement un orgasme visuel. La technique du dessin est parfaite et le style est tout simplement sublime. La façon dont  Masasumi Kakizaki, le dessinateur use des nuances de noir et gris, en plus de donner un style tout simplement sublime donne une atmosphère assez lourde donne un charme indescriptible au visuel qui est frappant, marquant, superbe. Et c'est sans évoquer les décors et scène en double pages tout simplement jouissives. Le dessin bien qu'usant d'un ton sombre est étonnamment lisible voire claire. Pour faire simple, Kakizaki est de loin l'un des meilleurs dessinateurs que j'ai pu voir. Il est du même acabit que des dessinateurs comme Kentaro Miura (Berserk), Takehiko Inoue (Vagabond) ou encore Murata (One Punch Man), c'est dire le niveau du bonhomme ! Quant au découpage, c'est tout simplement superbe. Ca met parfaitement en avant les scènes, on sent la maîtrise et les doubles pages sont une merveille.

Après Rainbow a aussi eu le droit a une adaptation animé de très bonne qualité de la part du studio madhouse en 2010. Les 26 épisodes sont plutôt maîtrisés la qualité visuelle est bien là même si le tout est un peu trop coloré et que le ton passe bien moins je trouve. Le drame d'ailleurs en est aussi je trouve affecté tant il n'arrive pas à la cheville de celui servi par le manga. Quant à la qualité sonore, je n'en ai plus vraiment le souvenir donc je ne saurai pas trop quoi dire dessus. Mais je vous conseille vraiment voire uniquement le manga qui est à des années lumières de l'animé qui au passage saute des arcs entier, ce qui cause un déséquilibre au niveau du développement des personnages. Et bien que très bon, il n'égale en rien le manga. J'ai personnellement commencé par l'animé et croyez-moi, le manga a carrément changé ma vision de l'animé tant il est plus puissant, tant il est de loin meilleur. C'est le jour et la nuit, et l'animé ferait presque guise de mauvaise farce en comparaison du manga. Et pourtant, ce n'est pas comme si l'animé était mauvais, loin de là, c'est dire le niveau atteint.

En conclusion Rainbow c'est du drame de qualité, un récit authentique et excellemment bien écrit où des personnages maîtrisés sont habilement mis en scène. Le tout est supporté par des graphismes qui sont une pure merveille qui élèvent Masasumi Kakizaki comme un des meilleurs dessinateurs qui soient. Jetez-vous sur le manga qui est un pur chef-d'oeuvre. En comparaison, l'animé pourtant très bon est anecdotique et ferait presque guise de mauvaise farce tant il n'est en rien un digne représentant du manga. Mais j'insiste bien sur le fait que l'animé reste très bon, c'est juste qu'il ne fait pas le poids face au chef-d'oeuvre qu'est le manga qui le dépasse trop, bien trop, beaucoup trop.
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Mawaru

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