Paprika

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Paprika

Message par Mawaru le Dim 1 Nov - 20:04


Titre Original:Paprika
Studio:Madhouse
Année:2006
Durée:1h30

Synopsis:Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l'inconscient.
Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l'un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs.
Le Dr. Atsuko Chiba, collègue de l'inventeur du DC Mini, le Dr. Tokita, décide, sous l'apparence de sa délurée alter-ego Paprika, de s'aventurer dans le monde des rêves pour découvrir qui s'est emparé du DC Mini et pour quelle raison. Elle découvre que l'assistant du Dr. Tokita, Himuro, a disparu...


Satoshi Kon est un réalisateur qui a plusieurs reprises s'est amusé à mélanger la réalité et l'imaginaire comme par exemple dans ses films Perfect Blues, Millenium Actress ou bien dans son animé Paranoïa Agent. Mais si il y a un film où il s'est vraiment défoulé sur ce point, c'est bien sûr, Paprika.

Mettez un réalisateur de génie du nom de Satoshi Kon, donnez-lui un thème aussi simple qu'infini que le rêve et vous obtenez Paprika. Paprika est un film a prendre dans un sens et unique sens, celui de l'expérience. Ici il ne s'agit pas de conter une quelconque histoire mais bien de faire vivre une expérience, dans un pur exercice de style à la Satoshi Kon. Le scénario n'est pas particulièrement extraordinaire. Juste des scientifiques, pour une fois dans le bon rôle qui seront à la recherche d'une dangereuse invention capable de faire voyager et implanter des rêves dans n'importe quelle personne. Et le scénario s'engage dans la recherche de ce dernier. On peut s'attendre à une "vraie" enquête pour retrouver le voleur mais il en est rien. Le scénario n'est qu'un prétexte pour que ce génie de réalisateur puisse se défouler. Ainsi ce dernier se laisse suivre mais il ne sera pas particulièrement palpitant ni intéressant.

Par contre si il y a une chose d'intéressante dans ce film c'est comment le récit réussit à nous perdre entre ce qu'on pense être le rêve, et ce ce qu'on pense être la réalité. Si au début la distinction est claire et on la suit sans peine, plus le film avance, plus on sera perdu. Perdu entre ce qui est le rêve et la réalité. Perdu en ce qu'on croit être juste, et ce qu'on croit être faux. Si pour des oeuvres à scénario, j'aurait considéré cela comme un grave défaut sauf dans le cas de petite merveille de maîtrise comme Mawaru Penguindrum, ici il n'en est rien. Car c'est ce que le réalisateur veut. Il veut nous questionner sur le visionnage, il nous met au défi de distinguer le vrai du faux. Et c'est là, où l'expérience apparaît. C'est là où on oublie ce scénario bateau, ce scénario prétexte et qu'on se laisse lentement happer par l'ambiance du film, par son expérience, par ce qu'il nous fait vivre. Car ici il s'agit bien de vivre quelque chose. Et le plus impressionnant dans tout ça, c'est qu'on sent le travail et la maîtrise derrière le tout. Le tout est encadré, maîtrisé, on est perdu mais dans le bon sens. Et l'auteur s'exerce à ceci de la meilleure des façons.

Mais si il y a un bien un point qui fait la qualité et tout l'intérêt de l'oeuvre c'est bien sa réalisation. Car c'est l'outil principal que le réalisateur a utilisé pour faire passer l'expérience. Déjà de base, l'animation dispose d'une grande fluidité. Le dessin est très beau et surtout il est riche. Il fourmille de détails comme par exemple le laboratoire d'un scientifique qui est un bazar détaillé au millimètre près, ce qui montre bien le soin apporté aux dessins et décors en général. Les couleurs sont maîtrisées et le chara-design est excellent. On comprend de suite les personnages, il sait être varié sans utiliser d'artifice plus ridicule les uns que les autres, les proportions sont respectées et le trait est parfaitement maîtrisé. Par contre, j'ai trouvé l'ost tout au plus anecdotique. Et si il y a bien un point où le film excelle, où il frise la perfection, où il est un exemple de maîtrise,  c'est bien évidemment pour sa mise en scène innovante, fascinante voire spectaculaire. Satoshi Kon l'a parfaitement utilisée et poussée notamment à travers des changements brusques entre les scènes de rêve et la réalité ainsi que des transitions aussi fluide qu'intelligente qui ont pu vraiment me surprendre par moment. Et c'est sans oublier des séquences encore plus impressionnantes techniquement comme une courte course-poursuite alors que le sol se déforme littéralement. Le tout regorge aussi de scène WTF, de scène défouloir qui ajoute toujours plus de contenu à cette expérience.

Paprika est le paroxysme du style de ce réalisateur de génie. Ce n'est pas sa meilleure réalisation mais c'est de loin celle qui est la plus poussée dans le style de Satoshi Kon qui est le mélange entre l'imaginaire et la réalité. Ce génie a su profiter d'un thème aussi large que celui du rêve pour réaliser un film qui est une merveille technique sur le visuel et qui est une réussite en ce qui concerne l'exercice du style lui-même. Si c'est un scénario que vous cherchez, tournez-vous vers l'excellent Jin-Roh, si c'est une maîtrise de réalisation, alors plongez dans le film Paprika et en général tout ce qu'a pu faire Satoshi Kon.
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Mawaru

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