Interview d'Eiichiro Oda (octobre 2015)

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Interview d'Eiichiro Oda (octobre 2015)

Message par Chean le Mar 3 Nov - 10:58

Yosha o/

Récemment, une interview d'Oda est parue sur le site "The One Piece Podcast", datant d'octobre 2015 (comme dit dans le titre). Comme elle est en anglais, je vais prendre la peine de vous la traduire.

L'interview d'Eiichiro Oda : Un voyage dans le temps
(Partie 1 de l'interview Jump-Style)

Le 2 octobre 2015, le troisième volume intitulé "Jump-Style ! Fascicule des cours de manga avec DVD" avec la participation de nul autre que l'auteur du manga "One Piece", Eiichiro Oda, est sorti dans la préfecture de Shizuoka. Heureusement, notre correspondante japonaise Alison a pu acquérir l'un de ces volumes, nous apportant une vue exclusive sur l'esprit de l'artiste que nous admirons tous : Eiichiro Oda.

Il y a un tas d'interviews et de contenus intéressants dans cette revue, incluant interviews et images de son lieu de travail. Cependant, il inclut également un DVD où Oda dessine ainsi qu'une interview dans le DVD l'accompagnant. Donc, si vous êtes intéressé de voir tout cela, soyez sûrs de vérifier les sites japonais de ventes aux enchères ou Amazon pour vous procurer ce volume-là. Nous, chez One Piece Podcast, vous apporterons la traduction de tout ce qu'il y a d'intéressant dans cette revue, mais nous ne fermons pas les yeux sur l'utilisation malhonnête d'images, donc, nous allons seulement vous donner un avant-goût du génial contenu inclus ici. Cela étant dit, nous espérons que vous apprécierez la première partie de cette revue où nous allons faire un voyage dans le temps avec Eiichiro Oda et son tout premier éditeur, Kujima, pour commencer ce voyage sur la longue route de la création d'un manga jusqu'au début de sa série One Piece.

Avec une résolution déterminée, sur la route du manga !

Oda-sensei adore dessiner depuis qu'il est très jeune, merci à l'influence de son père qui dessinait aussi comme hobby. L'histoire de sa décision concernant son plan de carrière est très connu. Quand il avait 4 ans, il apprit l'existence d'une profession dans laquelle on peut vivre de son art du dessin : Mangaka. Dès lors, il a silencieusement décidé de vouloir travailler afin d'en devenir un.


Lorsqu'il est devenu un collégien, il a sérieusement commencé à dessiner du manga et est entré par la suite dans le Tezuka Award du Weekly Shonen Jump quand il avait 17 ans. Son premier travail, WANTED!, lui a permit d'obtenir la seconde place et, l'année suivante, il a même gagné la 104ème Hop☆Step Award avec son travail Ikki Yako.


Après avoir fini son one-shot, Kami Kara Mirai no Present, il a emménagé à Tokyo et, ensemble avec son éditeur du Weekly Shonen Jump, (Kaoru) Kujima, il passa 3 dures années à parfaire ses talents.

Au début, quand j'ai emménagé à Tokyo, j'ai pensé "Bon, j'ai déjà eu un award, donc, je serai au sommet en un rien de temps.". Cependant, aucun des story-boards que j'ai dessinés n'a été acceptés. J'étais un jeune idiot en ayant vraiment sous-estimé la difficulté de dessiner un manga (rires). A l'époque, j'ai juste pensé que, comme les films, si mon histoire était intéressante, alors ça allait être suffisamment bon et vous le remarquerez dans les story-boards que j'ai dessinés pour mes one-shot. Mais les éditeurs veulent aussi qu'il y ait des personnages attrayants/intéressants, piliers de mon manga, pour aller avec mon histoire. Et je suppose que cet écart de perception était gros. Chaque fois que j'allais à la maison d'éditions, Je soumettais un nouveau story-board, mais la plupart de ceux-ci n'ont jamais été publiés. Bien que j'étais déterminé que ce que je croyais était vrai, et bien que mon éditeur m'ait dit où j'avais tort, je n'ai jamais été capable de juste facilement approuver et changer mon story-board sur lequel j'ai travaillé si dur en y pensant. - Eiichiro Oda

Les rencontres avec son éditeur étaient comme des luttes ?!

A l'époque, Oda-sensei et son éditeur Kujima, qui était déjà un élément central du staff éditorial, étaient toujours plongé dans de discussions enflammées quand ils étaient en rendez-vous selon Kujima.

Pour les gens autour de nous, cela semblait probablement comme si nous étions en lutte (rires). Quand je mettais en avant les choses qui avaient besoin d'être modifiées, il revenait avec une version éditée qui me surprenait parfois dans la mesure où c'était bien fait. Mais Oda-sensei ne voulait pas changer les choses qu'il avait lui-même décidé de ne pas changer. Il était assez têtu (rires). - Kaori Kujima

Quand nous avions parlé à Oda-sensei au sujet des dires de Kujima, il a répondu :

Bon... à l'époque, j'étais très obstiné. Je le suis toujours actuellement (rires). Les éditeurs qui prennent contact avec un tas de pro mangakas quotidiennement, et à travers ces expériences, ils forment chacun leur propre "doctrine". Et par la suite, ils donnent des conseils basés sur les échecs des différents néophytes (nouveaux mangakas) qu'ils ont rencontré. Mais moi, je pensais que "c'est juste la propre échec de cette personne. Si je le faisais, alors ça marchera." Vous pouvez dire que j'étais trop confiant (rires). Donc, même quand ça arrivait dans nos rencontres de parler de mes story-boards, j'écoutais ce que mon éditeur avait à dire et je le soumettais à nouveau, changeant les parties dont j'étais d'accord avec et laissant les parties que je pensais n'avoir pas besoin de changer. - Eiichiro Oda

Publié dans le même magazine que des professionnels, il a d'abord découvert l'étendue de ces capacités. La position d'Oda dans son travail littéraire n'a pas changé depuis ses débuts. Il essayait de penser à quelque chose de lui-même et seulement créer des choses dont il était d'accord avec lui-même. Mais, à l'époque, il était toujours en formation. Il recevait de violents commentaires sur l'histoire de ses story-boards venant de son éditeur Kujima, aussi bien que des commentaires sur son style qu'il développait en autonomie et qu'il continuait d'utiliser. Oda se rappelle :

Au départ, il me disait "ton art manque de substance". Je n'avais pas remarqué par moi-même encore, mais quand mon one-shot "MONSTERS" fut publié dans un réel magazine, je l'ai moi-même réalisé pour la première fois. Quand j'essayais de lire mon propre manga de la même manière que je lisais une série d'un mangaka pro dont le mien fut aligné avec, j'ai réalisé la véritable signification des mots de Kujima, bien que ce fut frustrant de l'admettre. En plus de cela, je recevais d'ailleurs des critiques virulentes sur mon style. Les mots qui ont eu le plus grand impact sur moi furent quand Kujima m'avait dit "Aucune des femmes que tu dessines n'est mignonne" (rires). Ça m'a juste pris et je n'ai pas cligné de l’œil cette nuit-là. Je me suis entraîné à dessiner des femmes tout ce temps-là. - Eiichiro Oda


Oda a aussi fait beaucoup d'autres entraînements afin d'améliorer ses talents de style.

Je regardais les films d'animation Disney comme Peter Pan et recopiait de près le style. L'animation des films Disney pendant les années où ils voulaient tout dessiner à la main était magnifique. Je regardais La Petite Sirène cadre par cadre et copiait toutes les expressions faciales que j'aimais, ainsi que tous les personnages.

Être un mangaka, après tout, n'est pas juste à propos de dessiner un manga à la mode. Nous devons aussi être capable de dessiner des choses comme nous les voyons, dessinant cela comme si nous l'avions photographié. Pour m'entraîner à cela, j'avais acheté un magazine de films et je dessinais les visages des stars de films qui y figuraient, pas un portrait non plus, mais une image correctement dessinée comme si je prenais une photographie de cela. En même temps, j'étais en train de travailler en tant qu'assistant à l'époque et j'ai beaucoup appris de mon temps d'assistant aussi.
- Eiichiro Oda

Son temps en tant qu'assistant l'ayant sauvé ainsi que le développement de ses efforts en solo.

Avant qu'Oda-sensei ne débute, il a eu de l'expérience en travaillant en tant qu'assistant pour de nombreux auteurs du Jump, commençant par Masaya Tokuhiro (Jungle no Ouja Tar-chan), Shinobu Kaitani (One Outs, Liar Game), Nobuhiro Watsuki (Rurouni Kenshin, Buso Renkin), etc.

Quand j'étais assistant pour Tokuhiro-sensei, j'étais assigné à l'épaisseur des traits. Il hurlait sur moi, disant "Pourquoi les traits des personnes en face de l'écran sont si épais ?". C'était quelque chose qui s'était vraiment ancré profond en moi. Il m'avait aussi dit d'autres choses, comme "Si tu mets un tas d'efforts dans ton dessin, alors les lecteurs, sans hésitation, le comprendront" qui m'ont vraiment marquées.

Travailler en tant qu'assistant à l'époque n'était pas vraiment difficile pour moi, mais ça m'a plutôt fait sentir que j'étais "sauvé". C'était comme un voyage en camping fun où tu dormais avec tes chers amis aimant les mangas en passant le temps à dessiner. Plein de rêves, nous parlions de manga tout le temps, discutant de choses comme "Si le one-shot que je suis en train de dessiner en ce moment obtenait une adaptation animée, alors qui sera un bon seiyu (comédien de doublage) pour mes personnages ?

Mais, ma lutte douloureuse de venir avec un nouveau manga était quelque chose d'amusant que je me gardais. La partie que je voulais, en aucun cas, montrer à mes frères d'armes. La place de travail des assistants étaient des endroits cools où être, mais mes amis ici étaient aussi mes rivaux. Tout le monde restait calme à propos des prochaines séries qu'ils étaient en train de dessiner et lorsque je retournais à la maison, je laissais silencieusement mon stylo couler, pensant avec excitation au sujet des idées que j'avais dont personne ne connaissait. Mon éditeur, à qui je montrais mes story-boards, était la personne principale avec laquelle je discutais de mon manga. Kujima et moi étions excités durant nos rencontres et crions si fort l'un envers l'autre dans les restaurants que les gens pensaient que nous nous bagarrions. (rires).
- Eiichiro Oda

Mais même si les discussions partaient en vrille, ni Oda-sensei ni son éditeur Kujima ne détestaient leurs rencontres.

Il était nécessaire pour nous de se "battre", ainsi, nous pouvions dessiner d'intéressants mangas. En plus, ce n'était pas comme si nous ne nous entendions pas. Quoique, à l'époque, bon, je perdais mon sang-froid à propos de plus d'une chose, bien sûr (rires). Mais maintenant, tout cela n'est rien que de souvenirs dont j'en suis fier pour et, honnêtement, je me sens vraiment redevable envers Kujima. - Eiichiro Oda

Axé sur ses compétences aiguisées et la création d'une histoire de pirates !

Pendant une "lutte" avec son éditeur et d'amicales compétitions avec ses chers assistants, Oda-sensei travaillait aussi à l'affût de ses compétences. Cependant, comme sa formation continuait, il réalisa les obstacles dont il devra surmonter afin de débuter la sérialisation de son manga. Cela lui a fait perdre espoir pendant une durée.

Peu importe combien de fois je dessinais, je ne pouvais avoir aucune série, dont j'étais confiant, être acceptée, ce qui m'attrista. J'ai aussi pensé à propos de choses comme "Serai-je encore capable de commencer à travailler comme un employé de bureau (si j'abandonnais maintenant) ?". Au sujet de toute cette anxiété, mon corps s'est éteint pendant une semaine. Mais, c'est lorsque Kujima, avec qui j'avais des discussions depuis tout ce temps, m'a dit "Je n'ai jamais vu quelqu'un qui travaille aussi dur que toi et ne reçoit aucune récompense pour cela". Ces mots m'ont sauvés. J'ai pleuré. Après cela, je me sentais mieux et j'étais capable de me focaliser sur la continuation de mon dur labeur.

Un Oda ressuscité a par la suite focalisé toute son énergie qu'il emmagasinait, aussi aidé par les mots réconfortants de Kujima, et avec tout ce qu'il avait en lui, créa un certain one-shot. Le one-shot fut publié deux fois, avec son contenu changé pour la publication du numéro spécial du Shonen Jump et pour la publication du Jump lui-même. Il était nommé "ROMANCE DAWN". Le thème fut le manga de pirates prévu de longue date dont il avait décidé qu'il transformera en une série pour le Weekly Shonen Jump à l'époque où il était au collège. La série dont il était si déterminé a gagné une énorme popularité de la part des lecteurs. Basé sur le contenu du one-shot, lui et son nouvel éditeur, Asada, se sont rencontrés et, en 1997, la sérialisation de One Piece débuta.


Durant les 18 années de sérialisation, Oda-sensei a explosé des tas de records de mangas et est devenu l'auteur d'un énorme hit qui mène le monde japonais des mangas. Et, à la base de la création, repose son passionnant enthousiasme : "creuse tes méninges, dessine autant que possible et crée quelque chose que tu aimes toi-même". Le mantra est basé sur tout ce qu'il a vécu au sujet de tous les efforts qu'il a mis dans son travail et toutes les rencontres qu'il a faites avec des tas de personnes durant des années. Son attitude de continuer d'aller de l'avant afin de dessiner quelque chose que les jeunes lecteurs, qui demandent du neuf, du travail innovant, veulent apprécier, vient de là.

La journée et la semaine d'Eiichiro Oda

Il va s'endormir à 2h et se réveille à 5h. Excepté le temps où il mange, etc., Oda-sensei est constamment en train de travailler sans relâche. La première moitié de la semaine, il écrit ses story-boards et en fonction de leurs finitions, il écrit le manuscrit du chapitre. Quand le manuscrit est fait, il travaille sur les volumes du manga, etc. Il n'a pratiquement pas de jour de congé, mais quand le Weekly Shonen Jump a une double-publication, il rencontre les mangakas qui lui ont beaucoup appris lorsqu'il était un assistant, ou il se tient au courant avec ses amis.

Questions supplémentaires :

1) Comment inventez-vous les scènes que vous voulez le plus dessiner ?

Je les invente après m'être bien creusé les méninges. Je ne suis pas un de ces génies dont les idées viennent comme ça, pendant qu'ils marchent dans la rue après tout. Par conséquent, je fais juste face à mon bureau et, tout en réfléchissant à propos de ce que je veux dessiner, je fais plein de dessins et c'est comme ça que les idées me viennent. - Eiichiro Oda

2) Comment inventez-vous tous ces personnages si uniques ?

J'ai toujours eu des images de personnages que je voulais dessiner dans ma tête. Je suis beaucoup inspiré par un tas de choses dans ma vie quotidienne. Et quand je pense à quelque chose, je le note dans mon carnet. C'est vraiment cool de penser à des scènes avec un nouveau personnage qui fait son apparition. - Eiichiro Oda

3) Quelle est la chose la plus fun à dessiner ?

Les moments les plus funs sont quand je suis capable de bien dessiner quelque chose. Ça me donne envie que les gens lisent cela vite et ça me rend heureux. Quand je dessinais bien quelque chose, je prenais une pose de la victoire et j'en faisais une autre quand j'avais un bon retour à ce sujet. C'est juste cela à maintes reprises. - Eiichiro Oda

Voilà, ce fut la fin de la traduction de cette interview o/

Source : One Piece Podcast - Eiichiro Oda Interview: A Trip down Memory Lane (Jump-Style Interviews Part 1) (site anglophone)

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