Le Conte de la Princesse Kaguya

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Le Conte de la Princesse Kaguya

Message par Mawaru le Mar 16 Fév - 3:54


Titre Original:Kaguya-hime no Monogatari
Titre Français:Le Conte de la Princesse Kaguya
Studio: Studio Ghibli
Genre:Fantastique, Drame
Année de Sortie:2013
Durée: 2H17

Synopsis:Adapté d’un conte populaire japonais "Le couper de bambou", un des textes fondateurs de la littérature japonaise, Kaguya, "la princesse lumineuse", est découverte dans la tige d'un bambou par des paysans. Elle devient très vite une magnifique jeune femme que les plus grands princes convoitent : ceux-ci vont devoir relever d’impossibles défis dans l’espoir d’obtenir sa main.


Le Conte de la Princesse Kaguya est avant tout une adaptation d'un conte populaire au Japon qui date du 10ème siècle, en faisant ainsi le plus ancien texte narratif qui soit du Japon. Ce fut Isao Takahata (Le Tombeau des Lucioles),  un des deux fondateurs du Studio Ghibli qui fut en charge de cette adaptation qui rapporta de nombreux prix. Et ce fut aussi Isao Takahata qui créa cet ultime chef-d'oeuvre du studio Ghibli et du cinéma d'animation japonaise tout court.

Les mots sont lâchés, Le Conte de la Princesse Kaguya est à mes yeux, l'oeuvre cinématographique japonaise ultime, le chef-d'oeuvre des chef-d'oeuvres, la perle des perles, le meilleur film animé qui soit et sans aucun doute mon film préféré tout court. Ce film est une perle de poésie. Le scénario est aussi simple que palpitant, aussi beau qu'envoûtant. Tout au long de ces 2h17, ce film m'a fait voyagé, m'a transporté dans une poésie en image, dans un autre monde de rêve et de merveille. Ce film touche au plus près l'essence de la beauté même, teinté d'excellence à son état le plus pur qui soit.

L'oeuvre commence sous les meilleures augures en nous contant la jeunesse de la jeune Kaguya en partant dès le début de la vie même, quand elle n'est qu'un simple bébé. Le ton est joyeux, la beauté et le bonheur de l'enfance prend peu à peu place, tout en délicatesse dans un paysage rural délicat retranscrivant l'insouciance de la jeune fille qui coule des jours paisibles malgré une pauvreté environnante. Mais voilà, elle va être très rapidement rattrapée par son destin, elle devra devenir une princesse.

Et là, c'est la déchéance. La campagne laisse place à la ville, et en même temps que la jeune Kaguya grandit, sa mélancolie aussi. Ces doux instants de bonheur marqués par la simplicité de la vie, laissent places à la tristesse malgré la richesse environnante. Le récit devient plus adulte tout en gardant cette touche d'innocence. La jeune Kaguya s'habitue à sa nouvelle vie, les moments de bonheurs bien que plus rares se font de temps en temps remarqués tout en laissent peu à peu place aux regrets amers.

La vie de Kaguya peut être la vie de n'importe qui. Bien évidemment, il y a très peu de chance qu'une personne devienne une princesse encore plus de nos jours, mais nous connaissons pour beaucoup sauf cas extrêmes ces moments de bonheurs de l'enfance qui laissent peu à peu place aux devoir, celui de se plier aux exigences sociales en même temps que nous vieillissons, que nous devenons adultes. Plus on vieillit, plus la vie nous paraît différente, l'insouciance de l'enfance laisse place au regard plus froid, plus dur et franc, moins rêveur de l'être plus âgés que nous sommes pour finir par plier sous de possibles montagnes de regrets marqués par une nostalgie d'une autre époque, de la personne se remémorant ces doux souvenirs d'une enfance tant désirée. Et c'est sur ces différentes étapes que Kaguya peut-être vue comme une représentation de la vie, de notre vie. De plus le fait que Kaguya grandisse plus vite que la normale peut être vu comme une métaphore sur le fait que l'enfance passe bien vite, bien trop vite.

Mais trêve d'analyse, passons aux faits. Le récit de Kaguya tombe peu à peu dans la tristesse, telle une tragédie, une merveilleuse tragédie laissant place à une douce amertume. Plus le film avance, plus la maturité le gagne, plus il devient sérieux. Le film se dévoile peu à peu tout en délicatesse sans manquer de moment à ton plus comique, plus léger comme lorsqu'elle se joue de cinq prétendants en usant de leurs belles paroles contre eux et en déjouant leurs tromperies avec intelligence. Mais voilà, telle une tragédie, le destin se joue de l'Homme et s'abat impitoyablement telle la guillotine sur le cou de Marie-Antoinette (vive les comparaisons à la con...). Et la jeune et ravissante Kaguya n'y fait pas exception et nous livrera un final tout en beauté et poésie qui en fera d'ailleurs la seule oeuvre qui me fera définitivement lâcher une larme malgré le fait qu'il y ait plus triste ailleurs.

Le tout est écrit avec une justesse et un équilibre rare. Tout en sensibilité, le dosage est toujours parfait jamais trop jamais pas assez, il touche au vif tout en finesse, tout en raffinement. Prenant son temps sans jamais devenir chiant, il sait dégager une puissance et un dynamisme remarquable quand il le faut. Tel un chef-d'orchestre, Asao Takahata mène parfaitement la partition de l'oeuvre, tel un commandant de bord, il mène parfaitement son navire. Il fait un sans faute tout simplement remarquable.

Le film m'a touché de part sa sincérité, sa simplicité, sa beauté. Chaque moment, aussi simple soit-il est poétique, magique. Je ne sais comment retranscrire un tel ressenti et je ne le saurai sans doute jamais car pour moi ce film est vraiment à part comme sorti d'une autre dimension. Ce film est comme un mets raffiné, à la sensibilité et à la délicatesse exacerbée qui m'a piqué au vif comme jamais aucune autre oeuvre a pu le faire avant. C'était magistral, fantastique, magique, sublissime, somptueux, grandiose, époustouflant, magnifique, et le dithyrambe ne saurait s'arrêter. Ce film est comme hors du temps, hors de l'espace, c'est un voyage de poésie et de raffinement marqué par une délicieuse simplicité.

Et pour une telle oeuvre rien de mieux que le merveilleux personnage de Kaguya tout simplement sublime. Un personnage aussi beau que simple, tout en humanité. Avec ses qualités et ses défauts, saisissante de par le nombre d'émotions qu'elle réussit à faire transmettre. Mais c'est sans oublier les autres personnages qui bien qu'éclipsés par l'éclat de ce personnage ne sont pas en reste. Je retiens plus particulièrement le rôle primordial des parents entre le père possessif qui demande le meilleur pour sa tendre et douce fille quitte à faire les mauvais choix bien que ceux-ci lui semblent justes ou bien la mère qui joue le rôle de libératrice, d'élément apaisant et compréhensif pour sa fille. Même les personnages les plus mineurs apporteront quelque chose au film de par leur petit touche personnelle, et encore plus au personnage de Kaguya. Chaque personnage ira de ses défauts et de ses qualités, témoignant au-delà de leur simple rôle d'une relative humanité.

Et surtout si le film a une force, c'est sa réalisation tout simplement parfaite, l'usage d'un autre mot que parfait m'est impossible à moins que quelque chose soit au-delà de ce stade. Les graphismes sont une pure merveille. Chaque plan est comme un tableau recelant d'un savoir artisanal sublime qui touche au plus près l'authenticité, l'essence du style graphique traditionnel. L'aquarelle côtoie le fusain qui côtoie lui-même la pastel sans oublier le crayon. C'est une richesse graphique époustouflante qui se dévoile devant nos yeux, une richesse graphique authentique qui participe à la magie de ce conte, de cette merveille, de ce chef-d'oeuvre. Le trait est doux mais sait être plus brute et presque violent quand il le faut. Les jeux de lumières sont époustouflants, la maîtrise des couleurs, des nuances, le travail sur les différentes séquences, TOUT est une pure merveille. Le visuel frappe de stupeur par sa beauté portée par la simplicité du trait qui est le résultat d'un mélange harmonieux d'arts complexes. C'est de la beauté mise en image que nous offre ce film.

L'animation est aussi une pure merveille avec notamment une des scènes les plus belles et bien animées que l'animation ait pu jamais porter à ce jour, une scène de fugue à couper le souffle, où le dynamisme laisse aussi pantois que le travail des nuances entre les couches de vêtements colorés qui contrastent avec le noir et blanc formant la ville et d'une lune grossie avec exagération telle une destination finale à atteindre au loin. Le travail de la mise en scène est tout aussi sublime. Tantôt onirique, tantôt théâtrale, la mise en scène porte avec pertinence chaque plan, dévoilant doucement mais sûrement la magie cinématographique de ce film avec douceur et délicatesse tout en laissant place à l'efficacité.

Et même sur le côté sonore c'est irréprochable. Le travail des seiyus est d'excellente qualité et parfois saisissant comme à la fin du film. Et même la gestion du son est parfaite. L'ost est de base une pure merveille, il n'y a pas d'autres mots. Sublime, magique, somptueuse. Se fondant à merveille à travers les scènes, l'ost saura aussi laisser place à un silence tout aussi pertinent pour mieux faire ressortir le moment et c'est sans oublier le chant A Cappella où même, par définition, sans instrumentalisation derrière saura ressortir et marquer, poussant la scène à des sommets. Chanson A Cappella qui a l'image du récit saura d'abord marquer par la positivité avant de prendre un ton d'autant plus mélancolique, une tristesse d'autant plus déchirante, transcendante, comme une suite logique à la chose qui s'impose à travers le récit.

Le Conte De La Princesse Kaguya, bien plus qu'un film, c'est une poésie en image. Le chef-d'oeuvre parmi les chefs-d'oeuvre. La seule oeuvre pour laquelle je ne saurai souligner quelque chose de négatif même en cherchant une éternité. Je pars du principe que la perfection n'existe pas et j'en suis bien content mais si quelque chose doit s'approcher de la perfection voire la symboliser, la former, pour moi, c'est bien ce film où chaque heure, chaque minute, chaque seconde était une marche de plus passée pour atteindre le sommet, le sommet de la qualité, ce qui peut se faire de mieux. C'est à mes yeux, l'oeuvre cinématographique ultime inégalée et inégalable sur tout les films que j'ai pu voir. C'est la beauté même, c'est la magie même, c'est le film d'animation ultime, c'est la plus grande oeuvre que ce studio ait pue sortir, inégalée et inégalable, Le Conte De La Princesse Kaguya c'est ce que je juge comme étant une oeuvre parfaite. Malheureusement, mes maigres talents d'écritures ne me permettent de poser mon ressenti comme il se devrait, et je pense qu'à jamais je serai incapable de décrire ce que cette merveille a pu me faire ressentir tant cela tient divin.
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Mawaru

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